lLes banlieues à l’époque contemporaine
Cours d’Emmanuel Bellanger,
historien,chercheur associé au Centre d’histoire sociale
du XXe siècle (Université Paris I)
-La France urbaine a connu de profondes mutations au cours des XIXe et
XXe siècles. Portée par l’industrialisation, la croissance urbaine –
d’une intensité exceptionnelle en région parisienne – donne lieu à une
densification et à un étalement des périphéries des grandes
agglomérations métropolitaines. Ces marges suburbaines, et plus encore
celles d’essence populaire, nourrissent les imaginaires. Depuis le
Second empire, ces territoires de relégation sont source
d’appréhensions pérennes. Dans l’ordre symbolique et sociétal des
représentations, ces banlieues restent associées à des espaces de
désordre, d'exclusion, de rejet et de confrontation sociale et
politique.
Au risque de se perdre en conjecture, cette vision « anxieuse » des
banlieues, théâtre de la contestation et de la radicalisation des
opinions, masque une toute autre réalité, moins subjective et plus
pragmatique, technique et administrative. La banlieue, épicentre des
classes laborieuses et dangereuses, est aussi un territoire de
régulation sociale et d'intégration politique où les fiertés
municipales – telles celles insufflées par la Banlieue rouge – sont
enracinées.
Au croisement d’une histoire urbaine, sociale et politique, notre cours
– entendu dans une forme interactive et participative – approfondira
les différentes approches des mondes banlieusards perçus sous l’angle
des institutions et des pratiques sociales et politiques. Il s’organise
autour de six séances ayant pour thème fédérateur : la croissance
urbaine et ses représentations, l'industrialisation et ses effets sur
la spécialisation des territoires, les ségrégations, les cultures
politiques et enfin les modes de gouvernance locale. Une attention
particulière sera ainsi portée aux acteurs de la ville (élites
municipales et personnel communal) et aux rapports que les
collectivités locales entretiennent avec l’Etat et sa tutelle
préfectorale.
Séance 1 : Formation des banlieues : industrialisation, renouvellement démographique et ségrégation
Séance 2 : « Banlieue rouge », « banlieue bleue », « banlieue noire » :
une histoire de la vie politique suburbaine et de ses fiertés
municipales au XXe siècle
Séance 3 : Des acteurs publics en banlieue parisienne : une histoire méconnue, celle du personnel communal
Séance 1 : Le Grand Paris, ses solidarités intercommunales et ses réalisations (logements, équipements, désenclavement…)
Séance 2 : La région parisienne morcelée : du district de 1961 aux
nouveaux départements de 1964 et aux nouvelles intercommunalités dites
« Chevènement » des années 1990-2000
Séance 6 : Mais que deviennent nos banlieues : désenchantement, repli et reconquête
Les Jeudi 31 janvier, les 07 et 21 février, les 13, 20 et 27 mars 2008
de 19h30 à 21h30 au Club Agir, 9 Rue Georges Gennevilliers.
lRévolution française et révolution américaine : de quelle révolution parle-t-on?
Cours d’Anne Jollet, Maîtresse de conférences en histoire moderne à l'université de Poitiers
Ces deux événements majeurs de la fin du XVIIIe siècle sont présents
pour beaucoup d'entre nous comme deux événements frères faisant entrer
les sociétés dans la modernité politique de l'égalité des droits et de
la liberté naturelle. Or sans nier ce qui les rapproche, il est utile
de revenir sur les grandes différences caractérisant le déroulement,
les ambitions et les résultats de ces deux révolutions, différences
fondatrices de cultures politiques et de luttes sociales bien
différentes dont on peut lire les conséquences jusque dans les deux
sociétés aujourd'hui. Cela en sortant du schéma interprétatif libéral,
asséné au moment du Bicentenaire de la Révolution française notamment,
opposant une révolution consensuelle, relativement sans violence dans
le cas des colonies anglaises d'Amérique à une révolution démocratique
sanguinaire dans le vieux royaume de France.
C'est
à cette approche comparée que s'appliquera le cours à travers les 6
séances, s'inspirant des travaux d'Elise Marienstras et de ses élèves
dont les ouvrages concernant la révolution américaine peuvent servir
dès à présent de référence bibliographique.
Les jeudi 04, 18 et 25 octobre, et les 08, 22 et 29 novembre 2007 de 19h30 à 21h30 au Club Agir, 9 Rue Georges Gennevilliers.
lLa Russie soviétique ou le socialisme impossible
Cours de Jean-Paul SCOT
Cours n° 1 : 1905-1914 : "révolution manquée" ou "répétition générale"?
Cours n° 2 : 1917-1928 : pourquoi la révolution soviétique a triomphé?
Cours n° 3 : 1929-1953 : le stalinisme, "voie soviétique au socialisme"?
Cours n° 4 : 1953-1964 : Le stalinisme était-il réformable?
Cours n° 5 : 1965-1985 : illusions et désillusions du "socialisme réel"?
Cours n° 6 : 1985-1991 : La Pérestroïka : "révolution impossible"?
Les mardi 08 et 22 janvier, les 05 et 19 février, les 11 et 25 mars
2008 de 19h30 à 21h30 au Club Agir, 9 Rue Georges Gennevilliers.
l1936/1939 de l’unité à l’exclusive, union désunion
Cours de Jacques Girault
professeur d'Histoire à l'Université de Paris 13
-La France et les Français pendant le Front populaire
Le Front populaire se produit dans un contexte international marqué par
la montée en Europe des régimes autoritaires sur fond d'une grave crise
mondiale, économique et sociale. La France connaît les effets retardés
de cette crise avec un chômage, beaucoup moins fort qu'en Allemagne ou
aux Etats-Unis, une remise en cause du régime républicain et des
réponses inadaptées du pouvoir politique. Le mouvement ouvrier divisé
vit une expérience tragique avec l'arrivée d'Hitler. Sur les plans
international et national, en deux ans, une inversion stratégique se
produit. A la division et à la lutte, succède la démarche d'union.
Cette inversion, sensible surtout chez les communistes, correspond à un
bouillonnement culturel que l'aspiration unitaire dynamise à partir de
février 1934.
En l'espace de deux ans, le rapprochement marqué par des manifestations
contre la menace fasciste, des initiatives politiques (Front populaire
proposé par les communistes en juin 1934 avec élargissement aux
radicaux-socialistes), la réunification syndicale, conduisent à la
victoire électorale.
L'intervention des travailleurs sous la forme de grèves inédites donne
un ton particulier à la période où s'affirment des revendications
ouvrières. Le gouvernement dirigé par Léon Blum, après les accords
Matignon, fait voter des lois sociales qui marquent l'entrée dans un
monde nouveau, avec le possible temps libre dégagé par les 40 heures et
les congés payés. Parmi les autres réformes, la création de l’Office
national interprofessionnel du blé doit beaucoup à l'action du ministre
de l'agriculture Georges Bonnet, député
socialiste de l'Aisne.
Mais des difficultés économiques et politiques s'accumulent. La guerre
d'Espagne noircit l'horizon international. Les grèves ne cessent pas
car les patrons résistent, et les ouvriers agricoles dans l'Aisne par
exemple revendiquent l'extension des droits sociaux.
Le Front populaire reste dans les mémoires populaires un moment-fort
vers l'aspiration au bonheur et dans la conquête de la dignité.
Les jeudi 10,17 et 24 janvier, les mercredi 13 février, 26 mars et
09 avril, au Comité d’entreprise de la SNECMA de Gennevilliers (quai du
petit Gennevilliers).
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